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FRERES DE L’ORDRE DES PRECHEURS HOMELIE DE LA MESSE DU 27 JUILLET
Ils se réunissaient toujours au même endroit et á la même heure. Chaque jour, ils prenaient ce temps ensemble pour discuter de l’évolution du monde. Etaient présents le dieu de l’Internet, le dieu de la téléphonie mobile, le dieu du courrier électronique, le dieu de l’ordinateur ainsi que le dieu de la télévision, ce dernier étant un plus gé que les précédents. Leurs réunions étaient évidemment présidées par le dieu de l’électricité. Deux dieux étaient cependant absents tellement ils étaient occupés par ailleurs il s’agissait du dieu de la course après le temps et du dieu de la course effrénée après l’argent. Et voilà que ce jour-là, en pleine réunion, le dieu de l’électricité eut une crise cardiaque. Personne ne parvint á le sauver. Il mourut sur place entraînant dans sa suite tous les autres dieux qui n’avaient d’existence que par lui sauf bien évidemment les deux dieux toujours absents qui aujourd’hui encore continuent de courir après leur propre divinité. En un instant, dû à une rupture éternelle d’électricité, la terre avait perdu presque tous ses dieux. Les gens étaient consternés. Ils ne savaient plus á quel saint se vouer. Cela faisait tellement longtemps qu’ils étaient devenus les esclaves de ces différents dieux. Toutefois, après quelques jours, plusieurs eurent le sentiment de recouvrer une certaine liberté n’étant plus tenus de lier leurs vies á de telles éphémères divinités. Croire au Dieu de Jésus-Christ, un seul Dieu révélé á nous en trois personnes, est pour chacune et chacun de nous une chance unique de ne lier sa vie qu’á un seul Dieu. Croire au Dieu de Jésus-Christ fait de nous des êtres libres, profondément libres car nous acceptons que c’est á sa suite et uniquement á la sienne que nous marchons sur le chemin de notre vie. Croire au Dieu de Jésus Christ nous permet ainsi de vivre nos vies au rythme de l’évangile qui nous propose toujours un chemin nous conduisant vers la divinisation de notre propre humanité. Ya-t-il plus grande expérience de liberté que celle-là? Je ne le pense pas. D’ailleurs, dès l’instant de la création, Dieu a fait de nous une « bonne terre » à ensemencer. Il est vrai qu’avec les aléas de la vie, certains événements douloureux, des blessures morales, des failles dans l’âme, notre terre personnelle a peut-être un peu perdu de sa richesse première. A certains endroits de notre cœur, des ronces ont poussé, àd’autres, le terrain est devenu plus sec, plus rocailleux mais il y a toujours un lieu où la terre a gardé sa fraîcheur originelle. Il s’agit du heu de Dieu. A nous de le trouver, de le retrouver si nécessaire. Il suffit de rechercher le chemin tracé en nous par le Fils dans l’Esprit. En le suivant, nous retrouverons ainsi non pas l’ombre divine mais la présence du Père au plus profond de notre être. Une présence qui ne se contente pas seulement d’une rencontre intime mais qui attend de nous que nous comprenions la mission qui nous a été dévolue dans l’accomplissement du Royaume de Dieu. Par définition, le Père a marqué le monde de l’abondance de ses semailles. Il sème à tous vents et en tous lieux. Mais cette parole offerte ne peut s’enfermer en elle-même. Elle est 1à pour être partagée et vécue dans la manière dont laissons l’amour entrer au cœur de nos vies. Voici sa définition : la philographie, c’est la calligraphie du cœur lorsque nos visages rayonnent de tout ce que nous avons gardé de merveilleux au plus profond de nous mêmes. La philographie est un art offert à tout être humain de par sa simple condition d’être humain. Toutes et tous, nous sommes conviés à devenir des philographes, c’est à-dire des hommes et des femmes qui sont prêts à marcher sur la route de leur destinée ayant pour seul et unique objectif de se perdre mais se perdre en Dieu car ils ont acquis cette conviction intime que tout se qui se vit dans l’amour, se grave á jamais dans le cœur des êtres aimés et aimants. L’art de la philographie se réjouit dans les enluminures de nos tendresses, dans la netteté des regards échangés en toute vérité. La philographie est la plus belle écriture qu’il nous soit donné de vivre car l’amour est ce sentiment merveilleux qui n’arrête jamais de se multiplier au fil des rencontres à raison de cent ou soixante ou trente pour un. Dieu nous a créés avant tout pour aimer et être aimés. Rien n’est plus important que l’amour offert et l’amour reçu et ce, même au cœur de nos propres communautés alors que cela peut sembler parfois bien difficile à réaliser. Cette expérience nous conduit de la sorte à découvrir l’importance, voire la nécessité de placer l’humilité, qualité typiquement dominicaine, au cœur de notre humanité. Nous sommes ainsi conviés à être humbles, c’est-à-dire à avoir une haute estime de nous, ce qui ne devrait pas être trop difficile mais tout en considérant que tout être humain est notre semblable. L’humilité ne consiste donc pas à s’écraser, à se diminuer mais à toujours être attentif à faire ressortir le meilleur de celles et ceux que nous croiserons dans nos vies de prêcheurs. En agissant ainsi nous inscrivons la Parole de Dieu à jamais au fond des cœurs. Puissions-nous ne jamais l’oublier, toutes et tous, nous sommes la « bonne terre » de Dieu. Amen. |
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Capítulo General 2007 - ORDEN DE PREDICADORES |